Analyse de Boule-de-suif

Boule-de-suif, nouvelle de Maupassant parue en 1880, est une nouvelle réaliste qui respecte rigoureusement les codes du genre. Les personnages qui s’y côtoient sont familiers, propres au milieu social auxquels ils appartiennent, sans être embellis ou mis en valeur dans leur misère ou leurs vices. Ce sont des gens du quotidien, non plus des héros romantiques, qui montre leur héroisme ou leur vile attitude en temps de crise.

 

Un cadre réaliste

Historiquement, l’histoire se déroule lors de la guerre contre la Prusse. Les faits narrés dans la nouvelle sont au plus proche de la réalité, c’est ce qu’on pouvait lire dans les chroniques journalistiques. Cette nouvelle aurait pour origine une anecdote comptée à Maupassant par son oncle qui a inspiré d’ailleurs le personnage de Cornudet à Maupassant. Les personnages évoluent dans des lieux connus et affectionnés par Maupassant en Normandie. Même l’auberge où se retrouvent les protagonistes existe vraiment. Ils constituent une sorte de microcosme où peuvent se dépeindre des caractères variés, représentatifs des diverses classes sociales de l’époque. Huit couples et deux individus se confrontent. Boule-de-suif et Cornudet, les seuls électrons libres, les 5ème roues du carrosse, semblent devoir faire face à la morale et la décence représentées par les autres couples.

 

Boule-de-Suif, objet de consommation

Cette dernière est l’image que garde Maupassant des prostituées qu’il a largement fréquenté. Elle a été d’ailleurs inspirée d’une prostituée rouennaise : Elisabeth Rousset. « Boule-de-Suif » est une prostituée qui tient son nom de ses formes généreuses et grasses. Lors qu’il faut la décrire, l’écrivain utilise un champ lexical propre à la nourriture, étant « appétissante » avec son « visage de pomme rouge », comme si elle était prête à consommer. C’est d’ailleurs le seul personnage de la nouvelle désignée par un surnom, ce qui d’office la déclasse en respectabilité par rapport aux autres personnages de la nouvelle.

 

Une femme paradoxale

Son surnom désigne son identité, elle ne peut être appelée autrement, femme-objet qu’elle est. Symbole de l’immoralité, elle saura pourtant faire preuve de sacrifice et de générosité pour ses compatriotes en se donnant à l’ennemi, en cédant aux avance de l’officier prussien qui les autorise à quitter l’auberge à cette seule condition. La respectabilité et l’honneur ne sont pas toujours là où l’on pense la trouver, semble nous montrer Maupassant. Elle n’a pas hésité à partager sa nourriture avec les deux religieuses dans la diligence, parce qu’elle est autant dévote que patriote. Ses actes sont motivés par des aspirations nobles. Ces qualités d’une fille de mauvaise vie tranche avec l’égoïsme et l’hypocrisie des autres personnages au dehors respectables.

 

Les autres figures, caricatures des milieux sociaux

Les compagnons de Boule-de-suif sont assez caricaturaux et réalistes, représentant chacun un milieu social bien défini. Cornudet est un personnage bruyant, au franc-parler, un patriote dont Maupassant se sert pour exposer ses idées politiques. Mais c’est aussi un personnage qui parle plus qu’il n’agit en s’attaquant à la bourgeoisie, ici représentée par les Loiseau. Ces derniers sont un couple de médiocres parvenus qui se montrent odieux envers Boule-de-Suif. Ils forment le tableau de la bourgeoisie rongée par l’avarice, sournoise et sans scrupule.

Les Carré-Lamadon sont des bourgeois qui semblent plus respectables grâce à l’argent qu’ils possèdent, faisant d’eux un couple respecté dans le monde. C’est aussi le couple de l’hypocrisie, avec un homme qui compte combien va lui coûter son patriotisme et sa jeune femme adultère qui méprise Boule-de-suif la prostituée.

Les Bréville, eux, représentent l’aristocratie normande, la caste au-dessus. Ils ont pourtant l’apanage de la lâcheté, en argumentant pour que Boule-de-suif cède au Prussien sans aucun remords. C’est leur supériorité intellectuelle qui leur permettra à manipuler et à convaincre leurs compagnons, en poussant les deux religieuses qui réussiront ensuite à faire céder Boue-de-Suif.

 

Boule-de-Suif n’obtient aucune reconnaissance de la part de ses compagnons de voyage, après leur départ de l’auberge, possible grâce à son sacrifice. Elle se voit refuser un partage de nourriture et redevient la cible du mépris de tous. Ces derniers ne veulent voir aucune noblesse à cet acte qui les a libéré.

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